Honda va tester la recharge sans fil en roulant dès 2027
Avec Taisei et Taisei Rotec, le constructeur japonais glisse des émetteurs sous la chaussée et cible d’abord les poids lourds, les voitures venant plus tard.
Honda met au point au Japon une route capable d’alimenter sans câble un véhicule électrique en mouvement, avec des essais sur voie ouverte programmés à partir de l’exercice fiscal japonais 2027.
En bref
- L’ambition est de transformer la chaussée elle-même en source d’énergie, plutôt que d’obliger le conducteur à s’immobiliser devant une borne.
- Le constructeur n’a toutefois pas indiqué combien d’énergie une voiture ou un camion pourrait réellement emmagasiner en parcourant une portion équipée.
- Pour la mobilité électrique, l’intérêt environnemental d’une telle route dépendra donc autant du nombre de véhicules équipés que du réseau aménagé.
L’ambition est de transformer la chaussée elle-même en source d’énergie, plutôt que d’obliger le conducteur à s’immobiliser devant une borne. Il ne s’agit pas encore d’en finir avec les arrêts recharge : le calendrier connu porte sur des tests, et non sur une mise en service, comme le détaille Automobile Propre, qui a présenté le projet.
Une route qui transmet l’énergie par induction
Le dispositif porte un nom technique, DWPT, pour transfert d’énergie dynamique sans fil. Depuis 2025, la branche de recherche du constructeur, Honda R&D, le développe avec deux groupes japonais, Taisei et Taisei Rotec. Le mécanisme reste simple à décrire : des émetteurs noyés dans le revêtement produisent un champ magnétique, et un récepteur fixé sous le plancher du véhicule capte l’énergie au passage.
Chaque partenaire tient un rôle précis. Honda conçoit les pièces d’émission et de réception, Taisei prend en charge l’alimentation électrique du système, tandis que Taisei Rotec se consacre à son insertion dans la chaussée. Ce dernier point est central pour le coût du chantier : les modules ont été dessinés pour se poser après un simple fraisage de la route, sans la reconstruire entièrement. L’objectif est de pouvoir équiper le réseau existant plutôt que de bâtir des voies dédiées.

Des performances annoncées, un calendrier d’essais
Le niveau de puissance avancé par Honda place ce système au rang de nombreuses bornes rapides actuelles, mais sur un véhicule qui ne s’arrête pas. Le constructeur n’a toutefois pas indiqué combien d’énergie une voiture ou un camion pourrait réellement emmagasiner en parcourant une portion équipée. Autrement dit, la puissance instantanée est connue, pas le gain d’autonomie qu’elle procurerait sur un trajet.
La validation se fera par étapes.
- Début de la collaboration entre Honda R&D, Taisei et Taisei Rotec.
- Construction prévue d’une nouvelle piste d’essai pour mesurer la durabilité, les performances et d’éventuelles fuites de champs électromagnétiques.
- Honda doit prendre part à un essai mené sur la Tateyama Expressway, une autoroute de la préfecture de Chiba.
La question des champs électromagnétiques figure donc explicitement au programme de la piste, au même titre que la tenue mécanique des modules dans le temps.
Les camions d’abord, les voitures plus tard
Pour le lecteur qui roule en voiture électrique, l’échéance n’est pas immédiate. Honda cible en priorité les poids lourds, pour qui la possibilité de faire le plein d’énergie sans immobiliser le véhicule présente le plus d’intérêt. Un camion à l’arrêt ne livre pas, et c’est sur ce terrain que la recharge en mouvement trouve son premier argument. Les voitures particulières ne sont évoquées qu’à plus long terme, sans date avancée.
Plusieurs freins devront aussi être levés avant toute généralisation. Équiper des kilomètres de route représente une dépense, et ces installations devront ensuite être entretenues. Surtout, la technologie ne sert à rien sans véhicules capables d’en profiter : chaque modèle devra embarquer un récepteur compatible sous sa caisse, ce qui suppose une adoption par les constructeurs au-delà du seul Honda. Pour la mobilité électrique, l’intérêt environnemental d’une telle route dépendra donc autant du nombre de véhicules équipés que du réseau aménagé.
Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : Omar Gerardo. Licence Pexels.
