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Trois Vespa Tap militaires réunies à Aperigiro en Italie

Au musée Marazzato de Stroppiana, le scooter parachutable de l’armée française côtoyait des triporteurs Ape engagés dans des jeux d’adresse.

Kevin Janssens Par Kevin Janssens
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Trois Vespa Tap militaires réunies à Aperigiro en Italie
La Vespa Tap, scooter militaire parachutable armé d’un canon sans recul, présentée devant un véhicule blindé jaune dans un musée.

Le dimanche 11 octobre 2026, la Fondazione Marazzato de Stroppiana, dans le Piémont, a accueilli Aperigiro 2026, un rassemblement consacré à la Vespa Tap et aux triporteurs Ape.

En bref

  • Aperigiro 2026 s’est déroulé le dimanche 11 octobre 2026 à Stroppiana, près de Vercelli, dans le Piémont.
  • L’édition avait pour thème la Vespa Tap, scooter militaire dont trois exemplaires étaient présents.
  • Des jeux d’adresse en triporteur Ape ont débuté à 11 h 30, avant une remise de prix à 16 h.
  • La Vespa Tap a été produite de 1956 à 1959 par l’ACMA, sous licence Piaggio.

Un rendez-vous piémontais placé sous le signe de l’uniforme

La petite commune de Stroppiana se trouve non loin de Vercelli, dans le nord-ouest de l’Italie. C’est là que l’édition 2026 d’Aperigiro avait choisi de poser ses roues, avec un intitulé sans ambiguïté : « La Tap, La Vespa in divisa », autrement dit la Vespa en tenue militaire. Le point d’orgue tenait dans une réunion rare, puisque trois Vespa Tap étaient présentes au même endroit, à côté d’épreuves conçues uniquement pour les triporteurs.

Le lieu n’a pas été retenu par hasard. Le Museo Marazzato est réputé pour sa large collection de véhicules de transport et de services, parmi lesquels figurent beaucoup de camions et d’engins militaires anciens. Un décor cohérent pour un scooter né sous l’uniforme. Le média italien Ansa, cité par Auto Plus, a résumé l’esprit de la journée en décrivant une Vespa présentée « en uniforme » et des Ape devenues des engins de divertissement.

Une journée rythmée entre musée et jeux d’adresse

Le programme annoncé s’étalait de la matinée à la fin d’après-midi, avec plusieurs temps forts successifs.

  1. Accueil des participants, suivi d’une visite des collections du musée.
  2. Lancement des « Giochi senza frontiere apistici », des épreuves d’adresse disputées au volant de son propre triporteur Ape.
  3. Remise de prix aux participants les mieux classés, qui marquait la clôture officielle de la journée.

Les jeux en Ape réclamaient surtout de la dextérité au guidon et de la finesse dans les manœuvres. En parallèle, et sans horaire fixe, chacun pouvait prendre place à bord d’un véhicule militaire tiré de la collection Marazzato, une façon d’aborder ces machines autrement que comme des pièces exposées.

Tablier vert olive d’une Vespa Tap militaire avec insigne rouge, phare grillagé et tube de canon
Gros plan sur une Vespa Tap : insigne militaire peint sur le tablier, étuis cylindriques sur le flanc et canon fixé le long du scooter. Source : Wikimedia Commons. Photographe : C. Galliani. Licence : CC BY 3.0.

La Vespa Tap, un scooter pensé pour tomber du ciel

Derrière son allure familière, la Vespa Tap a une histoire singulière. Ce deux-roues a été mis au point en France au cours des années 1950 à destination des troupes aéroportées, avec une exigence centrale : pouvoir être largué en parachute. Sa fabrication a été confiée à l’ACMA, qui l’a assemblé sous licence Piaggio pour le compte du ministère français de la Défense, entre 1956 et 1959.

Son aménagement lui permettait d’emporter un canon sans recul américain M20 de 75 mm, accompagné de ses munitions. Contrairement à une idée tenace, le scooter ne faisait pas feu en roulant : l’arme devait d’abord être posée au sol, puis montée sur son trépied. La Vespa servait donc de porteur compact et léger, plutôt que de plateforme de tir.

Prévue à l’origine pour accompagner les parachutistes en Indochine, la Vespa Tap a finalement trouvé l’essentiel de son emploi en Algérie.

Une rareté qui pèse lourd chez les collectionneurs

Voir trois exemplaires réunis prend tout son sens au regard des volumes. La production totale, sur quatre années, reste modeste, et l’essentiel du parc a disparu depuis.

500 à 800exemplaires fabriqués selon les estimations
une petite centainede survivantes, tout au plus
environ 40 000 €pour un exemplaire authentique

Rapportée à la fourchette haute de production, la population restante représenterait donc à peine un engin sur huit. À Stroppiana, les trois machines alignées constituaient ainsi une part non négligeable de ce qui subsiste de ce scooter militaire, valorisé aujourd’hui comme une pièce de collection à part entière.

Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Alf van Beem. Licence : CC0.

Kevin Janssens

Essais, technologies et industrie automobile

Kevin Janssens

Kevin Janssens a grandi à quelques kilomètres de Spa-Francorchamps et a fait ses premières courses en karting à douze ans. Il couvre le sport automobile et l'actualité du secteur, avec une attention particulière aux pilotes belges. Il travaille encore certains week-ends comme mécanicien bénévole pour une équipe de karting régionale.